Asambleas Ciudadanos


 

l'Assemblée dans la région de la Méditerranée

 

 

Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée : vers une communauté méditerranéenne des peuples

Traductions : français . English . Español


Nous, signataires du présent texte, nous engageons à participer au processus de construction de l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée, une dynamique régionale qui tentera de contribuer à l’édification d’un espace commun et durable de paix, de développement, de solidarité et de prospérité partagée entre les peuples méditerranéens. Notre initiative se veut complémentaire à d’autres expériences préexistantes, elles-aussi tendues vers cet objectif. Notre Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée repose toute entière sur des valeurs démocratiques de liberté, de paix, de respect de la diversité culturelle et de responsabilité environnementale. Elle ambitionne de favoriser l’émergence d’une parole et d’une action citoyenne commune, par la mise en oeuvre de rencontres permanentes disposant de méthodes et d’outils novateurs.


Rome, le 22 février 2009




Constats et défis



1. Les constats partagés


Malgré la complexité de la réalité méditerranéenne, nous, Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée, avons tout de même tenu à dresser collectivement un ensemble de constats généraux, qui font l’objet d’un consensus fort entre nous :


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Logo de l’Assemblée citoyenne de la Méditerranée
  • Si son unité et son existence politique ne sont pas encore prouvées, la région méditerranéenne est de fait une réalité historique, humaine, commerciale, culturelle, sociale et environnementale. Cette réalité n’est pas sans importance, elle mérite d’être rappelée et mise en avant. En effet, cette réalité a été perdue de vue, notamment après la seconde guerre mondiale, du fait de la mise en place d’un axe transatlantique fort et de la construction de l’Union européenne au Nord de la Méditerranée, ainsi que l’intégration dans cette Union de plusieurs pays de la rive Nord-Est. Ces intégrations régionales ou politiques ont pu détourner durablement des pays riverains de l’ensemble méditerranéen.
  • L’échec des tentatives de construction de certaines entités au Sud et à l’Est de la Méditerranée est aujourd’hui flagrant.
  • Il existe une forte contradiction entre la libre circulation de flux de marchandises et capitaux et les restrictions imposées à la circulation des personnes.
  • L’apparition de tensions entre des mondes de tradition religieuse différente est une réalité inquiétante.
  • Les pays de la rive Est de la Méditerranée, eux, connaissent des difficultés dues à la transition économique et politique, à des conflits ethniques et de minorités, subissent ou refusent l’isolement. Il est impossible de savoir exactement comment – pour ces pays comme pour tous ceux du pourtour méditerranéen – sera acceptée et vécue par les Citoyens et Citoyennes la double appartenance, à l’Europe d’un côté, à la Méditerranée de l’autre.
  • Enfin, comment ne pas remarquer que les relations existantes entre les différents pays riverains sont diversement développées, souvent basées sur une logique bilatérale, rarement multilatérale ?

Nous sommes conscients que l’enjeu d’une approche méditerranéenne dans ces conditions est complexe, peut-être difficile. Néanmoins, nous sommes convaincus qu’elle est absolument indispensable.


2. Défi principal et axes stratégiques


Le défi majeur est celui de la construction d’une communauté méditerranéenne des peuples. Pour y répondre, il s’agit avant tout d’identifier quelques grands axes stratégiques.


Nous pensons qu’il est nécessaire aujourd’hui :


  • d’agir en vue d’une gouvernance concertée, partagée, adaptée à l’espace méditerranéen. Il ne s’agit évidemment pas d’imposer un modèle unique de gouvernance, préexistant et inadapté qui serait imposé à un ensemble méditerranéen. Il est nécessaire que toutes les composantes des sociétés méditerranéennes participent à définir et concevoir un modèle de fonctionnement qui soit à la foi respectueux des spécificités de chacun tout en permettant la réflexion et l’action commune.
  • d’oeuvrer pour le désenclavement des pays qui sont encore trop enfermés dans leurs frontières nationales ou exclus pour des raisons économiques et politiques – en particulier au Sud et à l’Est de la Méditerranée.
  • de contribuer au dépassement des craintes mutuelles pour redonner un sens humain, politique, culturel, environnemental et économique à l’ensemble méditerranéen.

La mise en oeuvre de ces changements ne pourra intervenir de manière durable et concertée sans que les Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée se mobilisent pour être entendus et contribuent librement à l’émergence d’une parole et d’une action citoyenne commune. Notre démarche tiendra compte, bien entendu, des initiatives de diverses natures [1] portées par plusieurs institutions étatiques, parlementaires et non gouvernementales, soucieuses de créer un espace durable de paix, de développement, de solidarité et de prospérité partagée.




Présentation des Assemblées de Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée



1. Nature, valeurs et principes


  • Une Assemblée de Citoyens et Citoyennes [2] est un processus d’action et d’intelligence collective (d’où la notion d’assemblée) dépassant le cadre de l’expertise traditionnelle (d’où la notion de citoyens) visant à produire des propositions et des éléments de consensus nouveaux.
  • Une Assemblée de Citoyens et Citoyennes s’inspire de trois principes :
    • elle permet avant tout d’identifier les mutations majeures et les défis qui nous attendent
    • elle vise à construire des perspectives communes en prenant en compte la diversité géographique et socioprofessionnelle des situations et des points de vue
    • elle fonde la démocratie sur l’identification des valeurs, intérêts, défis et engagements communs, ciment de la communauté – et socle du « vivre ensemble ».
  • L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée s’inscrit dans une vision humaniste et progressiste de l’évolution historique de l’ensemble méditerranéen et de la planète toute entière. Cette vision est basée sur des valeurs démocratiques, de liberté, de solidarité, de paix, de respect de la diversité culturelle et de responsabilité environnementale
  • L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée est conçue comme un espace de dialogue permanent entre les sociétés – avec toutes leurs composantes – du bassin méditerranéen. Il s’agit d’un processus à long terme qui rassemble les différents acteurs de la société – mouvements citoyens, institutions publiques, privées, entreprises, associations, syndicats, experts, universités, centres de recherche, etc.
  • L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée se propose d’aider à refonder une citoyenneté renouvelée basée sur la responsabilité, le dialogue et le partage.

2. Objectifs généraux


L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée souhaite dès à présent tendre vers les objectifs suivants :


  • Contribuer à la construction d’un espace méditerranéen durable de paix, de développement, de solidarité et de prospérité partagée entre les peuples.
  • Participer à l’émergence de nouvelles gouvernances réellement concertées et partagées dans l’espace méditerranéen.
  • Agir en faveur de l’intégration économique et politique dans le cadre régional, permettant ainsi à certains peuples de sortir de leur enfermement.
  • Oeuvrer au dépassement des craintes mutuelles pour redonner un sens humain, politique, culturel, environnemental et économique à une communauté méditerranéenne des peuples.

3. Mise en oeuvre


  • L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée a pour ambition de dresser tout d’abord des constats communs, de définir une vision et des perspectives collectives face aux défis du XXIe siècle.
  • Dans un second temps, il s’agira de mettre en dialogue les perspectives des uns et des autres pour faire émerger des priorités, des stratégies communes, des propositions concrètes – qui pourront servir, entre autres, à orienter l’action politique. Conformément à notre vision de ce qui constitue une société, les participants à ces rencontres seront issus d’un maximum de milieux sociaux, professionnels et culturels du bassin méditerranéen.
  • Un comité d’initiative a été mis en place pour promouvoir cette démarche. Il est composé de membres représentants la diversité géographique, culturelle et socioprofessionnelle de la Méditerranée.
  • Les espaces de dialogue pourront prendre la forme de rencontres générales et d’ateliers thématiques.
  • La mise en place et le bon fonctionnement de l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée reposent en partie sur des outils et des méthodes de travail collaboratifs. Ces outils, que nous adapterons aux besoins, seront considérés comme un élément à part entière de notre démarche.

Nous, Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée, signataires du présent texte, nous nous engageons à porter et à promouvoir le processus de l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée, et d’œuvrer ainsi à l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples.




Membres du Comité d’Initiatives [3]

  • Baghdadi SI MOHAMED (Algérie) - Enseignant. Acteur associatif.
  • Ahlem BEL HADJ (Tunisie) - Pédopsychiatre-practicienne hospitalière. Activiste féministe.
  • Jelloul BEN HAMIDA (Tunisie/France) - Directeur de publication de N@rosnews. Acteur associatif impliqué dans la réflexion sur les flux migratoires.
  • Adrian CIVICI (Albanie) - Économiste. Recteur de l’Université Européenne de Tirana.
  • Sergio ESCRIBANO (Espagne) - Ingénieur Agronome. Directeur du CERAI (Centre d’Etudes Rurales et d’Agriculture Internationale).
  • Vicent GARCÉS (Espagne) - Membre du conseil d’administration du CERAI (Centre d’Etudes Rurales et d’Agriculture Internationale). Député européen.
  • Sandro GUIGLIA (Italie) - Formateur. Acteur associatif dans le domaine du développement.
  • Françoise MACÉ (France) - Assistante de direction. Responsable de programme. Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH).
  • Ziad MAJED (Liban) - Chercheur en sciences politiques. Coordinateur du Réseau arabe d’étude sur le démocratie.
  • Mina RHOUCH (Maroc/Espagne) - Médecin. Présidente du Centre International Médical pour les Migrants et les Étrangers (Espagne). Membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger.
  • Sezin TOPÇU (Turquie) - Sociologue de sciences et des techniques. Membre de la Fondation Sciences Citoyennes .
  • Yolanda ZIAKA (Grèce) - Économiste, agent de la fonction publique. Coordinatrice du Comité de la Charte des Responsabilités humaines pour l’Europe du sud.




[1] Telles que le processus de Barcelone et l’Union pour la Méditerranée, l’Assemblée Parlementaire Euro-méditerranéenne, les Forum civils et les Forums sociaux régionaux.

[2] Le format d’Assemblée de Citoyens et Citoyennes est né des travaux de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire (www.alliance21.org). En décembre 2001 s’est déroulée à Lille (France) l’Assemblée Mondiale de Citoyens. Depuis, le format s’est encore affiné avec l’expérience du Forum China-Europa lancé en 2005 (www.china-europa.net). Actuellement plusieurs initiatives sont en cours en Inde, en Asie, en Amérique Latine, en Afrique (www.assemblees-citoyens.net).

[3] D’autres membres intégreront prochainement le Comité d’initiative ; cette liste sera donc régulièrement mise à jour.

 

 

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